To Je Praha






Ouais, j’écris pas souvent.

Le pire c’est que je me rappelle plus ce que je fais quand je n’écris pas.

Sans déconner, le rythme est assez dur, et couplé à ma mémoire moisie ça n’arrange rien.

J’appelle plus les potes, n’écris plus sur le blog.

En fait, c’est comme celui que j’ai laissé il y a un an maintenant. A partir du moment où ça va mieux, je n’ai plus besoin d’écrire.

Vous l’aurez compris, ce blog m’aide à garder les pieds sur terre, sauf qu’en ce moment je suis dans les nuages. Cette expérience Erasmus est tellement intense que le temps passe à une vitesse incroyable, et les évènements me dépassent, me laissant à la traîne, et par conséquent ce blog aussi. Je suis emporté par un courant de fêtes, de rencontres et de découvertes. J’ai laissé l’ennui de la banlieue parisienne pour me retrouver dans un mouvement continu que je suis machinalement et qui me satisfait pleinement. Je ne suis plus stressé, je ne suis plus inquiet pour rien, je ne me remets plus en question à longueur de journée. J’ai quitté mon domicile familial pour me retrouver quasiment livré à moi-même à 1000 bornes de chez moi dans un pays dont je ne parle pas la langue, où mes responsabilités se sont soudainement multipliées, où je mène un train de vie plus fatiguant, mais où je me sens libre, calme, et serein. De temps en temps je ressens le besoin de me ressourcer, en passant un coup de fil à mes amis ou mes parents, ou encore en écrivant un article, en lisant le Libé en ligne plus longtemps que d’habitude, en écoutant attentivement RFI dans la piaule.

Je ne suis pas nostalgique, mais alors pas du tout. Je suis heureux ici, plus qu’en France, mais je suis aussi conscient que je ne suis que de passage, que cette année est une parenthèse de ma vie, parenthèse que je n’oublierai cependant jamais, contrairement aux 12 derniers mois dont je suis bien heureux de me débarrasser petit à petit.


Vous savez maintenant ce qui se passe dans ma tête.

La suite c’est comme d’hab, la chronique.


La semaine dernière fut bien chargée.


Mardi 21 Octobre au soir, le derby HC Sparta Praha – HC Slavia Praha au Hockey sur glace, à la Tesla Arena, domicile des spartiates. Le Sparta c’est le Nord de Prague, les riches disons. Le Slavia c’est près de chez nous au Sud, plus prolo. Je me décidais donc à soutenir le menu peuple ce soir là. Présentation de l’équipe locale sur fond de composition musicale épique de Tyler Bates, entrée sur la glace de 8 mecs habillés en spartiates de 300. Le public est chauffé, moi aussi, c’est beau. La première mi-temps, je la passe dans la tribune à perpète dans laquelle j’avais réussi à nous trouver des places. Bonne vue globale mais putain ça fait mal aux yeux dès qu’on cherche à suivre le palet. On voit pas les noms des joueurs, pas les détails, c’est chiant, du coup je décide de changer d’endroit pour la 2e période (3 de 20 minutes en tout). Après avoir été abandonné par mes potes qui restèrent dans la tribune moisie, j’intègre celle des supporters du Slavia. Pour le coup, c’était nous les 300. On est en infériorité numérique écrasante devant le reste du public qui soutient son équipe locale. Devant nous s’installe le gardien du Sparta. Le mec se fait insulter pendant 2 minutes. On perd déjà 4-0 mais c’est encore le feu.

J’apprends même les chants de l’équipe avec l’aide du poivrot à ma gauche.

Les nombreuses bastons entre joueurs chauffent le public et sont les seuls moments de gloire des joueurs du Slavia, et par conséquent nos seuls moments de bonheur.

Troisième période, je repère les places libres derrière les bancs des joueurs. La vue déboite, on voit l’action de près. Au final c’est la branlée 5 à rien. En partant, tel un traître, j’achète une écharpe du Sparta dans l’un des fan-shop du Ring. La victoire est magistrale, chez eux, j’achète.

C’est officiel, les matches de Hockey, ça déglingue.



Mercredi soir, deuxième soirée au PM Club.

Jakko nous guide à travers la nuit avec ses « Tequila Boum Boum !! » (Traduction: teq paf, on a beau lui dire que ici c’est des shots simples, il ne veut rien entendre). Je commence à frotter une Tchèque giga bonne mais que mes potes appelaient « la chauve », apparemment elle avait pas la chevelure épaisse. Je crois honnêtement avoir eu une chance un moment, mais dans un gracieux geste de danse, je tapais dans sa bière, la renversant entièrement sur mon jean (qui fouette toujours d’ailleurs) et sur le sien. Du coup c’était mort, bien que je lui en ai payé une autre pour me faire pardonner. Mal au crâne, une bonne marche sous la pluie au retour me le refroidit comme il faut.



Jeudi soir, je sors avec les chypriotes en ville.

On va au Aloha Cocktail Bar dans le quartier de Josefov, je voulais le tester depuis longtemps. On est rejoint par Jakko, Fred, Mathilde, Rob, puis plus tard par Elisabeth, Alona, et Mirka.

Ca s’alcoolise, vole des plateaux de bouffe au buffet à côté. Bien pété, je m’embrouille avec l’un des serveurs, ce fils de pute qui me pousse deux fois au lieu de me demander simplement le passage. Fred et Jakko nous séparent, ironique étant donné ce qui suivra. Les potes paient les tournées de tequila pour oublier. Après avoir raccompagné Mirka chez elle tel un -je cite- gent, je rejoins les autres au Chapeau rouge. Les rescapés sont Fred, Jakko Alona et moi. On reste pas au final. Après avoir trippé sur le mec déboité qui sort sa bite normal devant la sortie, qui pisse au milieu de tout le monde et se casse la gueule dans le caniveau avant de se faire jeter plus loin par le videur, on va sur Staromestskè Namèsti, la place de la vieille ville.


Elle est déserte.


Ceux qui ont déjà été à Prague savent à quel point c’est une scène surréaliste, puisqu’elle est constamment envahie par les touristes de jour, et de déchets ambulants la nuit. Là, je taxe des chaises aux restaurants fermés, on s’assoit au milieu de la place pour profiter de la vue.

10 secondes après avoir pris la photo, Jakko veut poser son cul avec nous mais une main inconnue tire sa chaise et il manque de tomber.

Attention scène triste.

Saucé par la tise, Jakko saute sur ce qui se trouvait être le vieux de la Sécurité Municipale et lève son poing en menaçant de le frapper. Papy recule mais retrouve ses couilles, sort une matraque télescopique et donne un gros coup sur le bras du finlandais, qui perd son équilibre et se casse la gueule dans une flaque d’eau. Le temps de me remettre du ridicule de la scène, je cours avec Fred pour limiter les pertes. On est morts de rire, essayant de faire comprendre à notre pote que c’est pas bien de taper les vieux qui font leur taf.

Finalement on rentre sains et saufs à Hostivar.


Ce soir là, autour de la table, on réalise que le WE va être long. Le Mardi 28 Octobre est férié en République Tchèque (je sais pas encore pourquoi d’ailleurs). N’ayant pas cours les Vendredis et Lundi, ça nous fait cinq jours de libre.


Lorsqu’on a pour domicile temporaire la ville carrefour d’Europe centrale, week-end de cinq jours rime logiquement avec voyage.


Les voisines chypriotes me proposaient depuis quelques jours déjà de faire un petit trip express dans l’une des nombreuses capitales nous entourant.

Ce soir là donc, on décide de saisir l’occasion et de partir pour Berlin avec Elisabeth, Etienne, Paul, Jakko, Alona, Georgia et Elena.

Vendredi soir à minuit, après une journée repos, on achète nos billets à la gare centrale de Prague, d’où on prendra le train 8 heures plus tard, le lendemain matin.

Au passage j’apprends que ce soir là, ma chère finlandaise a fini dans les bras d’un roux à lunettes, ce qui me blase, et je décide d’aller boire un coup avant de pioncer.

Mais mes potes, ces bâtards, me lâchent car ils veulent « bien dormir avant de partir ».

Je réfléchis. Il est minuit et demie, il fait pas beau, ça va être dur de trouver quelqu’un.

Mais il y en a un qui sera surement opé. Un coup de fil devrait suffire.


- Hey Micha what are you doing man?

- My laundry

- At midnight?

- Yeah I finally got the key (j’vous avais dit que la lessive c’était la mission à Hostivar)

- I’m bored, wanna go for a drink?

- Sure

- Is the casino behind Hostivar still open?

- I think so

- Alright meet me in the hall in 5’.


En voilà un sur qui on peut compter.

La lessive tourne, on va boire un verre.

Entre deux pintes, je teste pour la première fois la Becherovka. Sucré au début, amer par la suite, le shot (verre ?) passe bien.

Je chauffe, je me décide à rentrer mais il veut continuer (putain de slovène), il veut « rentabiliser la sortie » me dit-il. Je réussis à le convaincre après 2-3 verres de plus et on rentre finalement vers 3h30.

Sa race, faut encore faire la valise.

Réveil à 6h. Je suis encore allumé. Firefox > Youtube >Tata > Anapati aziz arev = zik du bled à fond dans la piaule.

Etienne souffre et essaie de me faire baisser le son « pour la voisine ».

Finalement on rejoint les autres. Direction Hlavni Nadrazi pour prendre le train.


La suite, c’est l’article en dessous.

Berlin





Durant le voyage de 5 heures, on profite du paysage. Au wagon-bar, on découvre la Franziskaner, une Weissbier délicieuse.
On paie en euros, ce qui ne m’était pas arrivé depuis presque deux mois maintenant.
C’est marrant 5 minutes puis on réalise qu’on douille à chaque pinte.

Le train passe par Dresden après avoir suivi l’Elbe. Le Fleuve perce la verdure et longe les reliefs rocailleux. Le paysage est magnifique et Dresden s’impose dans ma liste des destinations à visiter.

Vers 14h, on arrive enfin.
Paye ta gare de bâtard. Un vrai centre commercial sur 3 étages.
Le truc qui tape à l’œil direct, c’est le joli petit logo orangé BK.
Je le savais pas, mais il y en a en Allemagne, je suis heureux.

A l’arrivée, on est accueillis par la cousine de Georgia. La meuf, censée connaitre Berlin puisqu’elle y habite depuis deux mois maintenant, nous fait tourner en rond 30 minutes dans la gare avant même de prendre le U-Bahn pour aller à l’auberge.
Après un petit arrêt à Potsdamerplatz, on s’installe chez nous, au Three Little Pigs.
Le soir on se fait la porte de Brandebourg, le Reichstag, on longe la Spree jusqu’à Friedrichstraße.




On se fait un BK.


Jouissance.

Le soir, on va au Tacheles, un squat d’artistes sur cinq étages dont deux sont aménagés en bar.

A l'entrée, on nous tamponne.

On se pose au 3e. De la tech minimale, ça passe petit à petit à l’electro. Des potes qui étaient partis de leur côté nous rejoignent. Ils ont un peu de mal au début, la fatigue nous disent-ils. La combinaison universelle pintes+shots nos remet tous en forme.











On rentre au petit matin, bien claqués après une journée de voyage, visite, et teuf.

Le lendemain, après un coma collectif, on remet ça. On bouge au centre de Kreuzberg, dans le quartier des Turcs, où l’on sera certain de trouver un kebab digne de ce nom.
On en prend 2 chacun au final.
Nan parce que à Prague y’a que celui d’Andèl qui mérite la dénomination Döner. Les autres c’est Dömer.
L’après-midi, direction Alexanderplatz, visite de la tour de télévision, point culminant de la ville.
Ca débite des saloperies sur toutes les pétasses qu’on croise.
Et putain qu’est-ce qu’on peut croiser comme pétasses dans une tour télé…
D’ailleurs dans cette même tour télé, on relève une odeur bizarre, familière mais dérangeante.
Je me tourne vers Paul, lui lâche un « tu trouves pas que ça sent la chatte usagée ? » auquel il me répond par un « mais nan, ça sent le foutre ».

A la fin de la visite, les chypriotes nous disent la même chose.
On sait pas trop ce qu’il s’y passe dans cette tour.
En tout cas la vue fut belle. Bon, ça vaut pas un Empire State mais c’est déjà bien.
La nuit tombe le temps de redescendre avec l’ascenseur.

On bifurque pour visiter la Gedachtniskirsche, l’Eglise mutilée par les bombardements alliés, un des seuls vestiges de la ville à avoir survécu à la seconde guerre.

A son pied, plein de petits stands vendent des Wurst à toutes les sauces et des grillades et choucroutes alléchantes. Mais on est plus à Prague, et 4,5€ c’est cher.
On se paie quand même une chti’te Wurst allez.

Tiens en parlant de Chti’s…

On tombe par hasard, non loin de là, sur le Musée Erotique.
On n’a pas trouvé le musée mais on a bien rigolé dans le sex-shop géant en tout cas.




Plus je visite l’Europe, plus je me rends compte à quel point la France est pudique. Je ne sais pas d’où les Français tiennent leur réputation de dévergondés mais putain ils sont minables ne serait-ce que comparé à Prague, et Berlin j’en parle même pas.

On finit dans un premier bar dont on est les seuls clients puis 5 mètres plus loin après avoir slalomé entre les putes de Oranienburger Straße, on se fumer un narguilé en s’éclatant à coup de cocktails.
Le Dimanche soirs, ni le S-Bahn ni le U-Bahn ne tournent. Du coup 1h de marche jusqu’à l’auberge.
Bah, on décuve.
Le lendemain, on fait la visite Alternative Berlin organisée à 11h du mat. Le réveil est difficile mais ça passe. Notre guide nous emmène dans les quartiers méconnus des touristes, nous explique l’histoire du Street Art omniprésent à Berlin.

On marche plus de 6 heures puis on va se faire un kebab.
Le soir, on fait la suite de la visite à savoir le Pub Crawl organisé chaque soir par la même association.
5 bars différents. Un roots, un avec une table de ping pong au milieu avec des tournantes de 20 personnes bourrées avec une raquette à la main, celui gothique du groupe Rammstein où je trouve le sosie de Kurt, un autre insignifiant, puis un à la déco assez spé et indescriptible si ce n’est pour l’énorme portrait de David dur le mur.

Les organisateurs payent leur bouteille d’absinthe dans la rue.
C’est pas l’absinthe espagnole ; celle-là décape la gueule.
On finit dans une boîte présentée comme gay (bien qu’on n’en ait pas vraiment vu). Le son déboîte mais une partie de nos potes rabat-joie décide de partir car trop fatigués, et vu que ce sont des gonzesses, on les raccompagne. Arrivés à l’auberge les autres montent, avec Etienne on se fait quelques parties de Billard dans le hall sur fond de Mauvais Œil de Lunatic, que passe le réceptionniste aux origines françaises.

Le lendemain, on doit prendre le train à 16h45 pour Prague. On retourne au quartier turc prendre un Shawarma libanais et un Döner, après quoi direction la East Side Gallery, le morceau le plus long du Mur ayant survécu.

On le longe sur un kilomètre en admirant les fresques magnifiques peintes et repeintes au fil des années.


Ensuite direction le mémorial de la Shoah, impressionnant et très propice au jeu. Je n’ai vu personne le traverser avec le visage triste, et c’est franchement plus plaisant comme ça.


On est dans les temps, on part prendre le train à la Hauptbahnhof, la gare centrale.
En avance, on se prend un dernier BK pour la route, et on rentre à la maison, à Prague.
Car oui, Prague est désormais ma maison, je le ressens pour la première fois.


A La Bieng !



Le Hall d’Hostivar.
J’en garderai des souvenirs cocasses.
Entre l’armée d’étudiants qui Skypent en attendant la fin du câblage Ethernet des chambres, ceux qui roulent des joints à la nique, les troupes Erasmus qui sortent éméchées à 1h, le gardien invisible de 70 piges qui te crie dessus quand t’es bourré et que tu fais du bruit, et les réceptionnistes que t’as envie de taper, cet endroit est une incarnation du « Bordel » dont parlait notre cher Xavier.

C’est ici que je rédigerai cet article.
La chambre m’a saoulé. Voilà près de deux jours que je n’en suis pas sorti.
Aujourd’hui, j’ai fait une lessive qui aura monopolisé 3 heures de ma journée…
Les vêtements mouillés sont pendus partout dans la piaule à défaut de pouvoir emprunter l’étendoir déjà utilisé.
Le rythme s’est soudainement ralenti en cette fin de semaine et il va falloir se pressionner pour casser cette vibe néfaste.

Demain j’emmène l’une des russes au Zoo.
C’est tellement triste à écrire comme ça…
Elle m’a facilité la tâche. Durant notre conversation je me demandais ce que j’allais bien pouvoir lui proposer comme plan lorsque la question finale tomberait.
D’emblée, elle me proposa le Zoo.
Pendant que je vous écris, elle ondule sur la piste du Mecca, l’une des boîtes branchées au nord de la ville, tandis que moi je suis en short et tongs dans ce hall moisi au décor semi-soviétique et aux odeurs de clope froide.
Putain mais quand suis-je devenu vieux ?

Mirka vient de rentrer dans le hall, les joues rougies par le froid. Fatiguée, elle me fait un sourire, joint ses deux mains en les portant sous son oreille pour me faire comprendre qu’elle est fatiguée et qu’elle va se coucher tout de suite. Un dernier geste pour dire au revoir et elle quitte déjà le hall, se dirigeant vers notre ascenseur. Je la regarde monter, impuissant, sachant que si j’essaie de la retenir je serai grillé.
Mirka est finlandaise. Elle habite à notre étage et je ne la connais que peu. Hier soir elle est restée assez tard dans notre chambre en compagnie de sa coloc Elisabeth, française, à débattre des différents systèmes scolaires français. On a pris le thé, craché sur Darcos, et c’est là que j’ai calculé qu’elle me plaisait. Un peu ronde, rousse aux cheveux lisses, elle n’est pas du tout mon type mais me charme d’une manière différente, plus intéressante disons.

Mais voilà,
Now what ?

La résidence de Hostivar est un nid de frustration cyclique.
Chaque fois que l’on rencontre un mec ou une fille avec qui on s’entend plus que la normale, avec qui l’on se lie d’amitié, ces personnes partent vivre dans un appart près du centre, et sont souvent remplacées par d’autres toujours plus décevantes.

Comme nos voisines d’en face, les hollandaises, dont la chambre est désormais occupée par une jolie grecque et son mec le bucheron. Ou encore Jaakko qui nous quitta la semaine dernière après avoir visité la moitié des apparts de la ville, ses « Camôôôn » (come on) ne nous ont jamais autant manqué. Ou Katharina, notre amie et voisine allemande qui s’en est allée vivre avec une asiatique qui, contrairement à nous, disposait d’un rice cooker.
Citons aussi Tiina, une autre finlandaise, petite mais avec une plastique de rêve, et dont la vue en tenue de jogging était l’un des moments forts de la journée. Quant à Mirka, elle part aussi.

Mais il nous reste notre cher Goulven, et aussi Mathilde, notre nouvelle voisine originaire de Bordeaux, avec qui on passe la plupart de notre temps libre désormais, et qui nous régale de son accent du Sud-Ouest.

D’ailleurs Mathilde aussi va partir. Mais elle va peut-être nous emmener avec elle. La maison dans laquelle elle va louer une chambre dispose d’un appartement séparé que nous allons essayer d’investir. Le rendez-vous est pris pour Lundi. On va enfin pouvoir vous accueillir dignement, on espère.


L’autre soir on a finalement trouvé par hasard le Chapeau/l’Enfer Rouge, dont on avait tant entendu parler.
C’est un bar à tester absolument, pour tous ceux qui cherchent une scène alternative pour la soirée ou la fin d’après-midi.
Comme la plupart des autres établissements tchèques, il dispose d’un sous-sol largement supérieur à la surface émergée, sert une bonne pression à pris correct, mais se détache de ses semblables en se posant comme une sorte de coffee-shop où, à n’importe que moment de la journée, on peut demander service à un type debout dans un couloir dont les deux extrémités sont gardées par ses collègues dont les yeux brillants trahissent la discrétion.
Le mieux étant que les clients peuvent rouler leur pétard et le calciner sur place.
Ainsi nous avons pu trouver la verdure qui nous faisait tant défaut.
Et quelle verdure !

Mais revenons encore en arrière, à la Semaine d’Orientation dont je vous parlais la dernière fois.
Concrètement ce fut un enchaînement de visites (mal) guidées de la ville, de virées dans des musées sympas, de bars organisés et de sorties massives en boîte.

A cela s’ajoutent les Floor Parties.
Une floor party, c’est une teuf improvisée dans le couloir de l’étage d’un immeuble donné.
C’est un gros bordel où tout le monde se pète le crâne en attendant que quelqu’un prenne l’initiative de guider la troupe dans une boîte où un endroit où tout ce beau peuple pourra laisser s'exprimer l’excitation accumulée par l’alcool en se crevant sur une piste jusqu’au petit matin.
Il y a deux semaines, lors de la première floor party digne de ce nom, je fus cette personne, un peu malgré moi il faut l’avouer.

Avec Mathilde et Katharina, nous avions initialement prévu de passer la nuit au Cross Club (que nous n’avons toujours pas testé d’ailleurs), autre club mythique de la capitale car lieu réputé alternatif et original. Finalement, en feuilletant les pages d’un agenda évènementiel, je tombais sur une soirée Drum'n Bass au Roxy Club, où allaient se produire deux excellents trios de DJs, Aquasky et Noisia.
Changement de programme donc.
Pis vint la floor party improvisée par les espagnols et les portugais, et qui aboutit à l’expédition d’un groupe de 30 étudiants allumés me suivant aveuglément vers la suite de la soirée.
Mission réussie, avec brio.
Les DJs mirent le feu en maniant le vinyle à la perfection, la soirée fut excellente pour tous et l’on rentra tant bien que mal sous l’œil des locaux dont la journée ne faisait que commencer.

Suivirent d’autres soirées, notamment une virée au Karlovy Laznè.
Le Karlovy Laznè c’est la boîte autour de laquelle plane le doute.
Personne n’arrive à se mettre d’accord afin de savoir si elle est composée de 4, 5, ou 6 étages, mais tout le monde dit que c’est de la balle.
J’allais enfin avoir l’occasion de casser le mythe.
Ou plutôt j’ai cru.
Samedi dernier, mon pote slovène Micha me convainc de le rejoindre en courant à l’arrêt de tram en bas de la résidence. Le tram de nuit part dans 13 minutes, il est accompagné de 5 filles dont 2 allemandes et une hollandaise over-sympathiques, je DOIS le rejoindre me dit-il.
Il avait raison le bougre. Le jeu en valait la chandelle.
Un coup de gel rapide et j’attrape la bouteille de Vodka Boris Eltsine (véridique) fraîchement achetée dans la journée, en prévision d’une éventuelle soirée.
J’arrive juste à temps et l’on s’embarque dans le tram.
Boris tourne sec, et même les filles qui avaient du mal au début se laissent envahir par l’esprit du défunt.
On arrive 45 minutes plus tard, on planque la bouteille dehors, on rentre dans la boîte.
C’est Samedi soir, c’est blindé, mais ça balance sévère.
On se balade entre les différents étages en attendant d’en trouver un qui fasse l’unanimité (qui plaise aux filles quoi). Une fois que le son plaît, on se cale sur le beat pendant que Micha ou moi allons chercher de quoi nous désaltérer.
Je suis à sec, zéro thune en poche, mais la pression coule à flots. Micha, non content d'avoir payé mon entrée et mon vestiaire, enchaîne les tournées. On switch entre les différents étages mais très vite je ne fais plus la différence. J’ai voulu tester le slovène mais j’ai perdu. Il est raide aussi, mais je suis bien plus loin. Les filles ont depuis longtemps arrêté de boire mais cette fripouille des balkans me pousse à le suivre.
Ce qui s’avèrera être une erreur stratégique.
Ne jamais tester un slovène de 24 ans qui part boire, seul ou accompagné, une dizaine de bières quotidiennes en moyenne, et passe à la Becherovka (on y reviendra un autre jour) une fois la nuit tombée. Tous les jours.
Vers 4h30, on décide de rentrer. Les filles sont fatiguées, nous aussi. Elles nous complimentent sur le fait que l’on reste attentifs envers elles malgré notre état. Au passage, on essaie de récupérer notre pote Boris mais celui-ci a disparu.
Du moins c’est ce qu’on en a déduit, faut dire qu’on avait la flemme de chercher aussi.
Près d’une heure plus tard, nous sommes presque arrivés.
Mais je suis au bout du rouleau.
Il est temps d’assumer.
Entre les deux derniers arrêts, après avoir annoncé mes intentions à mon comparse de l’Est, je me retirai vers les marches du fond du tram, m’asseyais, et en me penchant légèrement me libérai de la plus-value qui m’encombrait tant depuis que nous avions quitté le Karlovy Laznè.
Je mis ainsi fin à une trêve de 4 ans durant laquelle l’alcool ne m’avait pas fait déglutir, et par la même occasion m’attirai la sympathie et la compassion des filles qui nous accompagnèrent ce soir là, mais du faire, malgré moi, une croix sur tout autre éventualité.

Le pire dans tout ça, c’est que je saurais toujours pas vous dire combien d’étages il y a dans cette putain de boîte.

Il est 3h du matin. Les deux chypriotes de mon étage rentrent dans le hall.
La Tequila a fait son effet, ça saute aux yeux. Elles étaient parties vers 14h, participer à une partie de poker organisée par d’autres hellènes, puis devaient finir la soirée dans un endroit propice à la débauche.
On discute, on rigole un bon coup (surtout moi), puis je décide de terminer la rédaction de cet article qui semble interminable et de prendre avec elles l’ascenseur qui nous mène à notre 7è étage.

Il me reste beaucoup de choses à la con à vous raconter, aussi je ferai un effort afin de mettre à jour plus fréquemment cette page. Là je vais dormir, car demain c’est Zoo.

Nareg

The Real Thing



Le 23 Septembre, 11h37.









Après cette longue semaine d’absence, il fallait revenir, et avec des choses à dire.
Nombreuses furent les aventures de vos deux chroniqueurs durant cette dizaine de jours.

Citons dans un premier temps la paupérisation à laquelle nous fûmes soumis suite à des défaillances bancaires de part et d’autre ce qui nous contraignit à survivre près de trois jours avec 22 couronnes (1€) en poche.
On est encore là.
Prêts à foutre le souk et tout le monde est corda.

On a rencontré notre banquière, Martina, gonzesse trop parfaite du bureau des « Foreign Customers », sa voix suave débitant un français tranquille.
« C’est ma langue » nous dit-elle.
T’inquiète chérie.
On ouvre deux comptes chacun, vides, en attendant d’avoir des thunes. En attendant, on se met à sec sur les comptes français tout en écartant les fesses pour accueillir les frais de retrait.
Tellement on lui a rendu visite, elle nous accueille désormais d’un « Salut », pareil dans ses emails.

L’évènement le plus important cela dit, là où on vous a laissé au dernier article, fut notre déménagement le 12 Septembre du Kolej Otava au Kolej Hostivar, antre des étudiants Erasmus.
On est arrivés avec une facture de 13000 couronnes à payer d’entrée.
On n’en avait que 5000.
Déjà c’est pas top.
On s’est dit qu’ils seraient aussi sympas qu’à Otava où on a pioncé deux nuits à l’œil en attendant de retirer des sous.
Etienne s’énerve à coups de « Don’t you understand ? We’re students; we don’t have a lot of money ».
Tar on est les seuls…

Du coup il retire des thunes avec la CB française et c’est reparti pour la vaseline et les frais de retrait.
On emménage, en rencontrant au passage trois françaises en 4è année de médecine qui seront nos seules voisines les premiers jours.
Petit à petit, l’étage se remplit. On accueille 2 français de plus, Goulven et Jennifer, le premier un inconditionnel du footing matinal et l’autre tout à fait adorable, portant notre nombre à 8 sur le même étage. Puis d’autres européens firent enfin leur apparition. 2 finlandais, Tiina la prof de 26 ans et Jaakko, le mec croisé espagnol ultra saucé pour tout faire et tout boire, 2 polonaises qu’on ne voit jamais, bruyantes mais pas très sociables, et Judith et Anne-May, 2 hollandaises de Maastricht (la blague quoi) avec qui on s’entend également à merveille.
Un soir, en rentrant, je fais la connaissance de 3 russes du bâtiment 1, Valerya, Nadya, et Anastasia. Après une longue conversation, on échange numéros de piaule et de téléphone en se souhaitant bonne nuit, et je leur fait la promesse de les prévenir en cas de sortie.

Ca nous a pas pris longtemps.
Le lendemain, avec Jaakko, on décide d’organiser une virée en boîte au Duplex, sur la Place Venceslas, en plein centre ville. Ca se chauffe à la Vodka Viking et la Staro dans la piaule avant de partir. On est 7 mais déjà 3 abandonnent. Il nous faut des renforts et l’on décide de taper dans l’immeuble des Russes. J’embarque Jaakko avec moi et l’on frappe aux portes. C’est la deuxième fois que je les vois et je suis bien pété, ça me donne du courage. Il est minuit, les filles sont en pyjama. Valerya, franche, m’avoue qu’elle ne nous connaît pas encore bien et qu’elle a un peu peur de sortir avec nous tard la nuit. L’alcool m’aide dans mon argumentation et les filles sont convaincues. 40 minutes plus tard deux d’entre elles nous rejoignent au 7è. Etienne pousse une Jennifer hésitante dans l’ascenseur et c’est tipar.
30 minutes de tram de nuit, 5 minutes de marche, et l’on arrive en terre promise. 3 mecs et 3 filles, ça passe comme dans du beurre. On prend l’ascenseur et monte dans la salle. Petit passage par l’énorme terrasse aménagée de la boîte qui donne une vue majestueuse de la Place Venceslas illuminée, puis on va danser. Gogo danseuses, écrans LCD, Light-Shows et gros son. C’est la soirée Dirty Dancing du Vendredi au Duplex, élue 2è meilleure soirée du pays.
Bonne soirée, mais sans plus à mon goût.
Valerya monte même sur le podium déserté par les danseuses ; autour d’elle, les téléphones portables se lèvent et la pointent.

Le soir de notre rencontre, Nadya m’avait dit qu’elle venait d’une ville côtière du Nord de la Russie. « Baltic Sea ? » je lui demande, en pensant à la ville portuaire du défunt Koursk. « No, Arctic » me répond-t-elle.
Dur.
Au retour de la boîte, Nadya me remercie chaleureusement et m’avoue à l’oreille qu’elle a passé la meilleure soirée de sa Vie.
Moment d’émotion, je réalise à quel point ce qui était banal pour certains pouvait être génial pour d’autres, habitués à la simplicité.
Elle retourna dans sa chambre avec Valerya, épuisées mais heureuses, convaincues qu’on était non seulement pas des mecs chelous, mais qu’elles remettraient ça avec nous une prochaine fois.

Les premiers diners dans le couloir se mirent également en place. Les caissons à tiroir des bureaux servent de table et les matelas de repose-cul. Notre passage à IKEA en début de semaine nous permet désormais d’avoir des ustensiles de cuisine respectables.
Du premier, à 5 participants, on passe vite à 13 en fin de semaine. Les 2 plaques électriques miteuses de la cuisine ne nous font plus peur et on cuisine pour mille, à l’arrache mais les palais apprécient. Certains préparent la salade tandis que d’autres épluchent les patates, d’autres encore préparent le poulet, coupent les champignons, la feta, etc... Tout le monde participe. Ca débouchonne du pinard de Moravie et d’Uruguay, ça décapsule de la binouze dans tous les sens. L’alcool monte et entraîne avec lui le volume sonore et la bonne humeur.

On a aussi eu droit à notre première embrouille de palier, avec nos premières voisines, les françaises, dont on avait taxé les codes de connexion internet sans les prévenir et qui du coup ne pouvaient plus y accéder. On a fait les cons, ça a pété, un peu trop d’ailleurs, mais on a fini par s’excuser, du mieux qu’on pouvait. On a même offert un cadeau à l’une des filles hier pour son anniversaire.

D’ailleurs c’est celui d’Etienne aujourd’hui. 21 ans.

Cette semaine est pour nous la dernière des vacances d’été. La prochaine, c’est la Orientation Week, bien encadrée, soit encore plus de sorties, plus de visites, plus de teuf, plus de potes à se faire.
En attendant on va continuer à user nos semelles dans les rues de Prague, qui est de plus en plus sublime, soit-il dit en passant.

Allez, na shledanou.

Nareg

En despi

Jeudi 11 Septembre 2008

L. de B. : E. 15,5 N. 18

Je reprends la plume le temps de quelques lignes. Il est 15h et le soleil tape fort dehors. La chaleur entre dans la pièce, mais le manque d’air est plus fatal encore, je décide donc de laisser ouvert. Etienne fait la sieste. Les mélodies dissonantes de Syd Matters me tirent vers le sommeil mais je choisis de lutter en vous écrivant une courte nouvelle.

Ce matin, je me réveillais vers 8 heures au son des frottements répétés d’un balai sur le sol. Un sexagénaire en bleu de travail balaie la route adjacente. 3 coups de balais, une pause de 3 minutes pour reprendre son souffle. Le soleil s’était levé et brillait déjà de plus belle, mais se reflétait mal sur la silhouette sculptée au décapsuleur. L’ironie voulut qu’il doive nettoyer les bouteilles cassées la veille par des jeunes de la résidence. 6 tas de tessons, 1 peau de banane, 2 canettes. 1h et quelques...
Un rapide coup d’œil à notre mur de bouteilles vides me convainc de changer de rythme de vie afin de ne pas me retrouver dans le même état.
Mais pas tout de suite.
Cette année, c’est Erasmus.
Cette année, c’est stafié.

Tiens, en parlant de binouze,
Je vous évoquais l’autre jour le jeter de bouteilles du haut de l’immeuble.
Apparemment ça les fait pas assez marrer.

Ils sont passés aux écrans d’ordinateur.




















Je monte au bureau principal, finaliser notre départ précipité à destination de la résidence Erasmus Hostivar, où l’on pourra payer moins pour teuffer plus.
Car ici, les gals tchèques, non contentes de participer avec zèle au concours du décolleté le plus ouvert, se baladent désormais en boxer et nano-shorts dans le hall de la résidence.
Ca devient n’importe quoi.
Vivement qu’on s’en aille ou on finira fous.

Nareg
Mercredi 10 Septembre 2008

Une semaine déjà. Nareg a monopolisé le blog et bu presque toutes les bières. Il m’a encore mis un litre aujourd’hui ! C’est à mon tour de m’essayer à l’art délicat et narcissique de parler de soi, de sa vie. Prague simple prétexte pour s’afficher ou réelle envie de partager une expérience ? Pour raconter quoi ? Qu’une semaine c’est rien, c’est vite passé, mais que l’on se sent déjà bizarrement chez nous… essayons.
Début de semaine active : ouverture de deux comptes en banque en deux jours, pas mal ! Un en couronnes, l’autre en euros, on est blindés, ou presque ! International Customer Office, une brune fine charmante avec son accent allemand quand elle parle français. On essaye de se faire le moins avoir entre les commissions de transferts, les taux de change, etc, laissez tomber c’est toujours la banque qui gagne, c’est comme au casino. On devrait y aller d’ailleurs. Y’en a partout, pire que les Mc do et les putes !

Sinon Fac, fille difforme mais adorable. Un anglais express coulé à voix basse, encore un accent allemand, dur de suivre ! Tapis rouge, elle s’occupe de tout, nous renseigne sur tout, un exemple pour les glandeurs narcoleptiques et neurasthéniques de Paris 7. Dans le même genre, poste centrale de Prague, intérieur sublime, mais « no pictures », fuck, ouverte jusqu’à minuit. Si Bernard Thibault savait ça ! A côté un Mc Do ouvert non-stop 24/7. A retenir pour les sorties de boites; 5 couronnes les chiottes ils abusent.

Recherche perpétuelle de Wi-Fi. Hotmail, Facebook, Le Monde… C’est devenu le critère numéro 1 dans notre choix des bars. Aujourd’hui café design, chic, moderne l’opposé total de la taverne traditionnelle tchèque, la pivnice. Des filles snobs jacassent et fument beaucoup, ça excite Nareg. Tentative unilatérale de clin d’œil esquissée. Des clips de rap allemand sur les écrans plats. Ambiance assurée. Des photos de clopes et de cendriers aux murs. On sédimente un peu trop au regard de la serveuse.
Soirée foot au pub étudiant. Qualifications pour le mondial 2010 en Afrique du Sud. Irlande-République Tchèque. 0-0 ; des bourrasques de pluie traversent le terrain à l’horizontal ; au bout de 75 min et 4 bières, c’est assez, on rentre. Ce stupide Barros plante tout à côté. On s’est senti supporters tchèques un instant avec l’espoir tout de même que Mexes soit resté en tribune.
23h, une clé dans la serrure, deux filles, tchèques, moi la braguette ouverte, Nareg au lit, des bières partout, un saladier sale dans la douche. Elles passent sans dire un mot. On range 2 minutes. On réalise que notre cuisine, notre frigo, notre douche et nos chiottes vous devoir être partagés. Scheiss. Il est temps que l’on aille rejoindre Hostivar, la résidence des Erasmus ! Elles se sont engouffrés dans la chambre d’à côté sans même que l’on ait le temps de bien les regarder. L’amabilité tchèque incarnée.

Demain il faut expliquer à la folle de la réception, qui m’appelle ‘Ychhhtiennne » tout le temps, que l’on veut se barrer et qu’elle nous file notre « money back ». C’est pas gagné !

Etienne

Mardi 9 Septembre, 7h52

L. de B. : E. 11,5 N. 12,5

Voilà six jours que nous sommes arrivés et déjà je me sens habitué. Les trajets vers le centre sont désormais irréfléchis, normaux. Le 177+Métro C a remplacé le 187+Rer B, la musique sur téléphone en moins, ce qui n’est pas pour déplaire. On ressent tous les deux l’étrange sensation d’être là depuis très longtemps. On se repère, on tâtonne, on reconnaît. Encore un peu et on sera presque chez nous.
Nos cours ne commençant que le 5 ou 6 Octobre on a encore un bon mois de vacances devant nous ce qui nous permet d’entretenir ce rythme qui nous est si cher, à savoir le lever à midi (sauf les matins d’indigestion comme aujourd’hui).
Ca fait quatre jours qu’il fait très beau, très chaud, et qu’on est très sur le cul.

Il y a deux jours on a décidé de visiter le grand centre commercial d’où on prend le métro pour se rendre au centre ville. Grand, moderne, très cher, rempli d’ados friqués, de gamins en kainri/skater et de gamines surexcitées. Un truc nous a marqués : ils ne se font pas la bise. Ils se « smackent » sur la bouche. Tous, ridicules durant cette demi-seconde précédant le contact, concentrés pour faire ça bien, proprement. C’est un truc que je n’ai vu que là-bas encore. J’attends de voir si les jeunes « normaux » le font aussi ou si c’est un truc à la mode que les moins de 18 ans ont mis en place.

Je suis déçu par un phénomène particulier que je soupçonne désormais d’être commun à tous les pays issus de l’ex-bloc communiste : cette volonté de s’américaniser.
Je me rappelle l’énervement que je ressentais quand, d’un été à l’autre en Arménie, les parasols Coca-Cola se multipliaient, les musiques du bled cédaient leur place dans les voitures à des chansons démodées de Mariah Carey, et les jeunes quittaient leur traditionnel pantalon à pinces + chemise pour le jean + t-shirt 2Pac.
Ici, on dirait que l’évolution a été la même, en plus moderne et plus riche.
Etienne me faisait remarquer qu’il y en avait plein qui portaient des t-shirts à l’effigie du Che.

Y’a des mecs qui n’ont décidément aucun respect pour notre discipline préférée…

D’ailleurs Etienne, ce connard, vient de battre le record de décibels par pet et a enfumé la piaule déjà à peine aérée.

Je vais me doucher. On va rendre visite à notre responsable Erasmus.

Nareg

La Motivation Première


Prague, 6 Septembre 2008

Litres de bière : E. 2,5 N. 3,5

5h54. Je profite du fait d'être debout tôt pour écrire les lignes du premier article de ce blog avant d'entamer, avec mon comparse Etienne, la seconde journée de notre long séjour à Prague.
Si comme moi vous vous demandez pourquoi je suis debout si tôt, je crois que c’est la bouffe et la bière qui se font un revival du Printemps de Prague dans mon bide. Mais Etienne est réveillé aussi. On crève de chaud dans la piaule et je lui demande pourquoi il a fermé les fenêtres, réponse : des mecs jetaient des bouteilles de bière du haut de l’immeuble et ces bouteilles atterrissaient près de nous. Puis les flics ont débarqué etc.
Moi j’ai rien calculé… Faut croire que la Staropramen fait bien son boulot.

Un petit flashback en arrière quand même, afin de vous raconter notre arrivée, nos premières heures ici.

Nous sommes Vendredi 5 Septembre, et notre avion a atterri le Mercredi 3 au soir, vers 18h30.
Sur les précieux conseils de nos prédécesseurs expatriés dont nous avions préalablement décortiqué les blogs (on vous remercie au passage), on décide de partager un minibus CEDAZ (480czk/2 ou 4 personnes) avec d’autres débarqués afin de nous rendre au centre ville pour pas cher. 120 czk/pers. , près de 5,50€, ça nous paraît raisonnable donc c’est tipar. On réussit à trouver un couple américain sympa (normal) qui s’y rend également. La fille part casser un billet dans le hall du terminal et pendant ce temps, nous discutons avec Matt, resté avec nous sur le parking près du van. Il vient de terminer ses études de droit, a profité de son dernier Spring Break (vous savez, celui du reportage qu’on a tous vu là) fait un rapide tour d’Europe car comme il dit, « Dude, this is the LAST trip ». France, République Tchèque, Monténégro (???), et Angleterre. Il lui reste apparemment quelque milliers de dollars à claquer sur son « student loan » et il veut kiffer, normal, après ça il va réaliser son « American Dream », à savoir travailler plus de 60 heures pas semaine, se faire un max de blé, et n’avoir que 3 semaines de vacances pour se reposer.

Bah, pourquoi pas après tout…

En tout cas, à l’arrivée au centre ville, le van descend sur les quais de la Vltava (l’équivalent de notre Seine à nous) et nous dépose devant une petite péniche en bois, l’hôtel de Matt et sa compagne, qui paieront donc 100€ la nuit. Ok, ça a du bon quand même « l’American Dream ».
On se dit au revoir et on se quitte sur les quais, mais on ne remonte pas dans le van, pourtant on a encore du chemin à faire.
Nan parce que nous c’est « Erasmus Dream » et payer 480czk/20€ de plus quand ça représente ton budget bouffe de 2 jours c’est juste pas possible. On se met donc à la recherche d’un moyen de transport pas cher pour nous amener à notre première résidence étudiante « Kolej Otava » à 290czk/12€ la nuit, et qui se trouve à Prague certes, mais loin au Sud.
Problème, on a grave la dalle. On s’arrête sur un pont avec nos valises, on dégaine chacun un (ou 2) guides touristiques et un plan afin de se repérer et trouver un restaurant authentique et pas trop cher pour se casser le ventre avant d’aller se reposer. On trouve donc le Pivnice (brasserie) U Svejku (une sorte de paysan pacifiste de la 1ère guerre mondiale) à 15 minutes à pied. On arrive, on se pose, on commande une binouze locale (Pilsen Urquell, recommandée par le serveur et qui s’avère être l’une des plus fameuses) et des plats « typiquement bohémiens » comme l’a si bien dit l’Allemande assise derrière nous.
De. La. Balle.
Bouffe de gros batard à base de différents morceaux de porc en sauce, patates, fromage fondu, choux d’un autre monde, et des rondelles bizarres qu’on a toujours pas compris ce qu’elles étaient (c’est con on a kiffé), en entrée du Bramborak (local, pomme de terre préparée épicée etc…, funky) avec 2 pintes de Pilsner chacun… 30 euros (dont 5 euros de pourboire, pas trop su pourquoi) pour 2 dans le centre ville, on s’est dit qu’on avait fait une bonne affaire pour un premier repas. A refaire.
Le serveur cocaïnomane nous appelle même un taxi (avec mon portable bien sûr) car il fait nuit déjà et vu notre état, avec nos valises et nos ventres, on se dit qu’il est préférable de sacrifier quelques euros de plus au lieu de galérer à trouver la résidence par nos propres moyens.
Taxi pas cher appellé, c’est tipar.
Le conducteur, après s’être pris un premier trottoir et tapé la voiture de derrière, se lance pleine balle dans le centre ville, pilotant dans les rues serrées et esquivant tramways et passants. Une fois engagés sur l’autoroute, on se dit que c’est déjà moins dangereux, y’a moins d’obstacles. Mais Fangio est un vrai. Il saigne la file de gauche et dépasse même les flics à 130.
On arrive indemnes, au pied d’un immeuble énorme nommé Volha. On paye le tacos 10euros, et on se rend vite compte, une fois qu’il est parti, qu’on est pas au bon bâtiment. Début d’une courte galère puisque rapidement, après avoir traversé un sentier et un terrain vague, on arrive 5 immeubles plus loin à notre destination : Kolej Otava.

Il est 22h30
« Ouf » de soulagement, on entre, va à la réception, engage un semblant de conversation avec la concierge qui ne parle pas un mot d’anglais à part « money money ! ». Elle nous fait descendre par les escaliers (avec les 60 kilos de valises) au 2e sous-sol en criant « Echtyenn ! Echtyenn !» (elle a kiffé sur son prénom) suivi d’un débit de phrases incompréhensibles en tchèque. Arrivés à notre chambre, la clé ne passe pas, bien évidemment… Elle remonte en nous laissant là. 10 minutes plus tard, on rigole encore du ridicule de la situation et de la concierge, puis un jeune type qu’on avait croisé rapidement dans le hall vient nous voir en nous expliquant qu’il parle un peu anglais et qu’il va donc nous aider à nous installer. Mec super sympa, on discute un peu et on remonte à l’accueil. Il nous fait découvrir l’ascenseur, pratique. On retrouve la concierge à son bureau et on communique avec le type qui traduit pour nous. On s’arrange pour le paiement plus tard en laissant un passeport en otage et on redescend avec les bonnes clés et les « Echtyenn ! ». La porte s’ouvre cette fois, et on calcule qu’on a quand même une grande fenêtre au 2e sous-sol (immeuble en biais), 2 lits propres, et même des chiottes et une douche partagées avec la chambre double d’à côté, vide pour le moment.
On demande au mec si l’on peut boire une bière dans le coin, à quoi il nous répond que oui, il y a un pub dans l’immeuble. On décide de lui payer un coup. On débarque en 30 secondes dans une sorte de taverne bon délire, on commande 3 pintes de leur meilleure mousse (Staropramen, excellente), pub étudiant : 20czk la pinte, soit 0,85 euros. Pire que ce à quoi je m’attendais.
On s’assoit, discute en anglais avec notre guide improvisé, étudiant en Théologie. Il apprend qu’on est Français, s’écrie « Ah c’est beau ! C’est très beau ! » et se met à parler notre langue. Nous à côté, on parle 3 mots de tchèque. Le mec parle quelques mots d’arabe et d’espagnol aussi. Politique, Histoire, Bouffe, Alcool, Etudes, on parle de tout et de rien en switchant entre les différentes langues.
On se dit qu’il faut en profiter et du coup on lui demande toutes les infos utiles qui nous passent par la tête. Puis on décide d’aller dormir. Philippe (le prénom du type, tout de suite moins folklo) est fatigué/bourré (un local pété au bout d’une pinte, carrément moins folklo). Il se lève à 4h30 du matin pour aller bosser pour une paye de misère et nous dit au revoir en échangeant les coordonnées et nous donne rendez-vous la semaine suivante pour un restaurant libanais dans le centre ville.

On s’allonge, on réalise ce qui nous arrive, on kiffe, et on s’endort.

Le prochain article sera moins long, c’est promis…

Genesis

Mercredi 3 Septembre 2008

Avant d’entreprendre la rédaction du premier article de ce blog, il me faut préciser le public auquel se destinent ces pages, mais également ce que ce public y trouvera.
Aux étudiants désireux de profiter comme nous du programme Erasmus pour se taper des barres, à nos potes qui vont tant nous manquer, et à ceux susceptibles pour une raison X ou Y de s'intéresser à la vie à Prague, je vous dis « Dobry dén » !

Je vous dis aussi que ce blog, comme son titre l’indique, traitera du sujet Praguois à chaud, sans pitié, et le vocabulaire y sera cru bien que la forme soignée (dans la mesure du possible). Car notre mission ici est de découvrir, de profiter, mais aussi de vous faire partager nos expériences et nos péripéties dans cette ville, qu’elles fussent agréables ou non.
Tout est bon à prendre, rien n’est à laisser.

10 mois pour visiter, 10 mois pour s’instruire, 10 mois pour se la mettre pour pas cher, 10 mois pour rencontrer des gens venant de toute l’Europe avec la même idée en tête : s’éclater.
10 mois qui, peu importera le bilan final, resteront à jamais gravés dans notre mémoire.

Et le devoir de mémoire, c’est de rentrer la tête pleine, enrichis, rendant ainsi hommage à nos parents qui nous permettent de vivre cette aventure, et qui contrairement à vous, lecteurs privilégiés, devront se contenter d’un rapport censuré de notre quotidien.
Je vous souhaite bonne lecture.
Nareg