Prague, 6 Septembre 2008
Litres de bière : E. 2,5 N. 3,5
5h54. Je profite du fait d'être debout tôt pour écrire les lignes du premier article de ce blog avant d'entamer, avec mon comparse Etienne, la seconde journée de notre long séjour à Prague.
Si comme moi vous vous demandez pourquoi je suis debout si tôt, je crois que c’est la bouffe et la bière qui se font un revival du Printemps de Prague dans mon bide. Mais Etienne est réveillé aussi. On crève de chaud dans la piaule et je lui demande pourquoi il a fermé les fenêtres, réponse : des mecs jetaient des bouteilles de bière du haut de l’immeuble et ces bouteilles atterrissaient près de nous. Puis les flics ont débarqué etc.
Moi j’ai rien calculé… Faut croire que la Staropramen fait bien son boulot.
Un petit flashback en arrière quand même, afin de vous raconter notre arrivée, nos premières heures ici.
Nous sommes Vendredi 5 Septembre, et notre avion a atterri le Mercredi 3 au soir, vers 18h30.
Sur les précieux conseils de nos prédécesseurs expatriés dont nous avions préalablement décortiqué les blogs (on vous remercie au passage), on décide de partager un minibus CEDAZ (480czk/2 ou 4 personnes) avec d’autres débarqués afin de nous rendre au centre ville pour pas cher. 120 czk/pers. , près de 5,50€, ça nous paraît raisonnable donc c’est tipar. On réussit à trouver un couple américain sympa (normal) qui s’y rend également. La fille part casser un billet dans le hall du terminal et pendant ce temps, nous discutons avec Matt, resté avec nous sur le parking près du van. Il vient de terminer ses études de droit, a profité de son dernier Spring Break (vous savez, celui du reportage qu’on a tous vu là) fait un rapide tour d’Europe car comme il dit, « Dude, this is the LAST trip ». France, République Tchèque, Monténégro (???), et Angleterre. Il lui reste apparemment quelque milliers de dollars à claquer sur son « student loan » et il veut kiffer, normal, après ça il va réaliser son « American Dream », à savoir travailler plus de 60 heures pas semaine, se faire un max de blé, et n’avoir que 3 semaines de vacances pour se reposer.
Bah, pourquoi pas après tout…
En tout cas, à l’arrivée au centre ville, le van descend sur les quais de la Vltava (l’équivalent de notre Seine à nous) et nous dépose devant une petite péniche en bois, l’hôtel de Matt et sa compagne, qui paieront donc 100€ la nuit. Ok, ça a du bon quand même « l’American Dream ».
On se dit au revoir et on se quitte sur les quais, mais on ne remonte pas dans le van, pourtant on a encore du chemin à faire.
Nan parce que nous c’est « Erasmus Dream » et payer 480czk/20€ de plus quand ça représente ton budget bouffe de 2 jours c’est juste pas possible. On se met donc à la recherche d’un moyen de transport pas cher pour nous amener à notre première résidence étudiante « Kolej Otava » à 290czk/12€ la nuit, et qui se trouve à Prague certes, mais loin au Sud.
Problème, on a grave la dalle. On s’arrête sur un pont avec nos valises, on dégaine chacun un (ou 2) guides touristiques et un plan afin de se repérer et trouver un restaurant authentique et pas trop cher pour se casser le ventre avant d’aller se reposer. On trouve donc le Pivnice (brasserie) U Svejku (une sorte de paysan pacifiste de la 1ère guerre mondiale) à 15 minutes à pied. On arrive, on se pose, on commande une binouze locale (Pilsen Urquell, recommandée par le serveur et qui s’avère être l’une des plus fameuses) et des plats « typiquement bohémiens » comme l’a si bien dit l’Allemande assise derrière nous.
De. La. Balle.
Bouffe de gros batard à base de différents morceaux de porc en sauce, patates, fromage fondu, choux d’un autre monde, et des rondelles bizarres qu’on a toujours pas compris ce qu’elles étaient (c’est con on a kiffé), en entrée du Bramborak (local, pomme de terre préparée épicée etc…, funky) avec 2 pintes de Pilsner chacun… 30 euros (dont 5 euros de pourboire, pas trop su pourquoi) pour 2 dans le centre ville, on s’est dit qu’on avait fait une bonne affaire pour un premier repas. A refaire.
Le serveur cocaïnomane nous appelle même un taxi (avec mon portable bien sûr) car il fait nuit déjà et vu notre état, avec nos valises et nos ventres, on se dit qu’il est préférable de sacrifier quelques euros de plus au lieu de galérer à trouver la résidence par nos propres moyens.
Taxi pas cher appellé, c’est tipar.
Le conducteur, après s’être pris un premier trottoir et tapé la voiture de derrière, se lance pleine balle dans le centre ville, pilotant dans les rues serrées et esquivant tramways et passants. Une fois engagés sur l’autoroute, on se dit que c’est déjà moins dangereux, y’a moins d’obstacles. Mais Fangio est un vrai. Il saigne la file de gauche et dépasse même les flics à 130.
On arrive indemnes, au pied d’un immeuble énorme nommé Volha. On paye le tacos 10euros, et on se rend vite compte, une fois qu’il est parti, qu’on est pas au bon bâtiment. Début d’une courte galère puisque rapidement, après avoir traversé un sentier et un terrain vague, on arrive 5 immeubles plus loin à notre destination : Kolej Otava.
Il est 22h30
« Ouf » de soulagement, on entre, va à la réception, engage un semblant de conversation avec la concierge qui ne parle pas un mot d’anglais à part « money money ! ». Elle nous fait descendre par les escaliers (avec les 60 kilos de valises) au 2e sous-sol en criant « Echtyenn ! Echtyenn !» (elle a kiffé sur son prénom) suivi d’un débit de phrases incompréhensibles en tchèque. Arrivés à notre chambre, la clé ne passe pas, bien évidemment… Elle remonte en nous laissant là. 10 minutes plus tard, on rigole encore du ridicule de la situation et de la concierge, puis un jeune type qu’on avait croisé rapidement dans le hall vient nous voir en nous expliquant qu’il parle un peu anglais et qu’il va donc nous aider à nous installer. Mec super sympa, on discute un peu et on remonte à l’accueil. Il nous fait découvrir l’ascenseur, pratique. On retrouve la concierge à son bureau et on communique avec le type qui traduit pour nous. On s’arrange pour le paiement plus tard en laissant un passeport en otage et on redescend avec les bonnes clés et les « Echtyenn ! ». La porte s’ouvre cette fois, et on calcule qu’on a quand même une grande fenêtre au 2e sous-sol (immeuble en biais), 2 lits propres, et même des chiottes et une douche partagées avec la chambre double d’à côté, vide pour le moment.
On demande au mec si l’on peut boire une bière dans le coin, à quoi il nous répond que oui, il y a un pub dans l’immeuble. On décide de lui payer un coup. On débarque en 30 secondes dans une sorte de taverne bon délire, on commande 3 pintes de leur meilleure mousse (Staropramen, excellente), pub étudiant : 20czk la pinte, soit 0,85 euros. Pire que ce à quoi je m’attendais.
On s’assoit, discute en anglais avec notre guide improvisé, étudiant en Théologie. Il apprend qu’on est Français, s’écrie « Ah c’est beau ! C’est très beau ! » et se met à parler notre langue. Nous à côté, on parle 3 mots de tchèque. Le mec parle quelques mots d’arabe et d’espagnol aussi. Politique, Histoire, Bouffe, Alcool, Etudes, on parle de tout et de rien en switchant entre les différentes langues.
On se dit qu’il faut en profiter et du coup on lui demande toutes les infos utiles qui nous passent par la tête. Puis on décide d’aller dormir. Philippe (le prénom du type, tout de suite moins folklo) est fatigué/bourré (un local pété au bout d’une pinte, carrément moins folklo). Il se lève à 4h30 du matin pour aller bosser pour une paye de misère et nous dit au revoir en échangeant les coordonnées et nous donne rendez-vous la semaine suivante pour un restaurant libanais dans le centre ville.
On s’allonge, on réalise ce qui nous arrive, on kiffe, et on s’endort.
Le prochain article sera moins long, c’est promis…
2 commentaires:
"L'enfer est sur terre..." (rapport au titre ^^) Tout d'abord Salut Étienne et Mr terzian.
Je vois que le séjour débute bien,paysage sympathique autant que les autochtone de sexe féminin $$$
Boite de nuit en mode BATcave..
Le problème du pouvoir d'achat est résolue cette année pour vous en quelque sorte,et l'ivresse n'y est que meilleur parole de spécialiste ^^
J'ai d'ailleurs oublier de te demander nareg si la langue était une barrière ou si comme dans le reste du monde hormis la France le niveau d'anglais est correcte et au quel cas tu nage comme un poisson dans la bière?! anyway
sur ce bon weekend à vous !
Rien du tout moins long le prochain, raconte nous tout narababastanian et surtout dis quand est ce qu'on peut passer :)
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